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Maître Chojun Miyagi

9 février 2008

Fondateur de l’école de karaté-dô gojû-ryû, Maître Miyagi est né sur l’île d’Okinawa le 25 avril 1888. Issu d’une famille riche, il s’investira en profondeur dans l’étude des arts martiaux sous la tutelle de maître Kanryô Higaonna (1853-1915). Ce dernier apprécie particulièrement le talent de son jeune protégé qu’il considère très tôt comme son futur successeur.

Sur la demande de son professeur, Maître Miyagi fait un premier voyage en Chine en 1915 afin d’y étudier l’art du combat. Il fera ainsi plusieurs autres voyages en Chine dans la province de Fujian de même qu’à Beijing en passant par la Corée.

Me Miyagi Shojun

maître Chojun Miyagi

Il effectue également une dizaine de voyages au centre du Japon afin d’y diffuser son art. Les adeptes qu’il forme à cette occasion formeront la branche japonaise du gojû-ryû. C’est cette branche qui connaîtra une très grande diffusion tant au Japon qu’à l’échelle mondiale. C’est également une des raisons des divergences au sein de cette école. Pour les adeptes d’Okinawa qui suivaient régulièrement l’enseignement du maître, les élèves japonais n’avaient pas suivi suffisamment longtemps cet enseignement pour avoir pu en saisir les subtilités et toute la profondeur. Chojun Miyagi sera très profondément marqué par les visites à Okinawa de maître Jigoro Kano, fondateur du judô, qui occupait une très haute place dans la hiérarchie de la société japonaise de l’époque. Selon maître Kenji Tokitsu (Histoire du karaté-dô, Éditions SEM, Paris, 1993): « Au cours de son premier voyage, J. Kano fit un discours sur le budô japonais qui provoqua, chez les adeptes d’Okinawa, une réflexion sur la qualité culturelle de leur art et la conscience de leur vocation. En effet, à cette époque encore, les habitants de l’île vivaient dans une situation d’infériorité par rapport à la culture japonaise.  »

Ce sontt ces rencontres avec maître Kano qui motivèrent Maître Miyagi à faire du karaté-dô un art unique et indépendant. Il s’attacha dès lors à diffuser cet art à travers tout le pays. Ainsi en 1928, il fit une première démonstration à Kyoto lors du Botukusaï (fête de la vertu du budô) de même que dans quelques universités. Mais le karaté-dô connaîttra peu de succès au Japon à cette époque. En 1933, en pleine atmosphère du grand militarisme japonais et du culte de l’Empereur précédant la seconde guerre mondiale, C. Miyagi fait une démonstration devant les adeptes du budô japonais au Butokuden (Palais du budô). Bien que le karaté-dô y eut été déjà présenté avec un enthousiasme mitigé, la démonstration de Miyagi donna une opinion plus positive de cet art car, entre autres, son karaté différait de bien des façons de celui de maître Gichin Funakoshi. Finalement en 1935, il se présente à l’examen pour le titre de Maître composé de trois niveaux. K. Tokitsu (Histoire du karaté-dô, Éditions SEM, Paris, 1993) écrit: « Miyagi qui est la première personne à se présenter en karaté, discipline qui n’est pas encore reconnue comme budô, obtient directement le titre de Kyoshi (deuxième niveau). C’est exceptionnel, car les fondateurs des trois autres écoles n’obtiendront que le titre de Renshi (troisième niveau). H. Ôtsuka (wadô-ryu) l’obtiendra en 1938, G. Funakoshi (shôtôkan) et K. Mabuni (shitô-ryu) en 1939. À cette époque, ces titres sont indispensables pour faire reconnaître le karaté-dô comme budô. »

Me Miyagi Shojun

Maître Miyazato et maître Miyagi en exercice de combat

À son retour à Okinawa, il visite plusieurs maîtres renommés de karaté-dô et fonde l’Association pour le développement du karaté-dô à Okinawa. Grâce au respect et l’estime voués à Miyagi, tous les plus grands noms du karaté-dô de l’époque y participeront.

L’école goju-ryu est aujourd’hui une des quatre plus importantes écoles de karaté-dô au Japon.

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